Le flash, épisode 1, la lumière.

Vous avez lu ci-dessus que la lumière naturelle pouvait être douce, diffuse, dure, intense… Elle a aussi des caractéristiques de couleur différente selon l’heure de la journée.

La lumière artificielle arrive, elle aussi, souvent par le haut ; éclairages publics, plafonniers, etc. Elle est souvent multiple, créant alors plusieurs ombres. Elle est principalement très directrice, bien moins puissante que la lumière du soleil certes, mais elle est aussi dure et contrastée, car plus proche.

Ceci m’amène à vous parler des réglages de votre appareil photo. On reste en numérique, largement répandu aujourd’hui, avec des boitiers reflex ou hybrides pour l’étendue de leurs possibilités. Cependant, cet article peut aussi intéresser ceux qui utilisent leur téléphone ou un appareil photo « compact ».

La couleur.

  • La majorité des appareils en 2020 enregistrent des photographies en trois types de fichiers, JPEG, RAW et JPEG +RAW. Ils possèdent des modes :
    • Automatique ou Programme(P), l’appareil s’occupe de tout, ou presque.
    • Priorité vitesse (S de speed), le photographe choisit la vitesse d’obturation, le boîtier gère les autres réglages.
    • Priorité ouverture (A de aperture), le photographe gère le diaphragme et le boîtier gère les autres réglages.
    • Manuel (M), le photographe prend la main sur les réglages.
    • La sensibilité ISO peut être fixée à une valeur par le photographe ou laissée en mode automatique.
  • La gestion de la balance des blancs. Pour ce dernier item, la position « auto » conviendra dans la plupart des cas puisque le calculateur interne de l’appareil compare la scène transmise par la cellule de l’appareil, à des milliers d’autres stockées dans sa mémoire.
    • Néanmoins, la lumière artificielle peut avoir d’innombrables nuances de couleurs et le résultat obtenu peut ne pas correspondre à ce que vos yeux et votre cerveau ont perçu. Dans ce cas, vous pouvez corriger la balance des blancs (voir le mode avancé de votre appareil). L’intérêt du RAW est de pouvoir modifier ce réglage chez vous par un logiciel dédié à vote marque par exemple. Mais attention, en matière de couleur, notre cerveau n’est pas fiable. Une fois rentré à la maison, vous avez peu de chance de vous souvenir des couleurs perçues sur le terrain. Si un réglage immédiat pallie ce souci, il n’est pas applicable pour des éclairages non reproductibles ou pour des situations fugaces. Il ne s’agit pas ici de « modifier » la lumière originale (même si c’est aussi une piste de créativité), mais de conserver l’ambiance qui vous a plu dans ce stade, ce bistrot, cette fête de l’école, cette plage, etc.
  • La force est avec vous. Enfin, celle de l’intensité. Si vous utilisez la lumière artificielle ambiante, vous ne la maîtrisez pas plus que la lumière naturelle. Ce n’est pas le cas de la lumière que vous transportez. Les différents flashs vous donnent la main sur cette intensité si précieuse en photographie.
  • La lumière respecte les lois de la physique. Comme la lumière du jour, la lumière du flash émet de la lumière blanche. Cependant, la lumière du flash possède d’autres caractéristiques. Et pourtant nous percevons les couleurs des objets, pourquoi ?
    • Un peu de physique. La lumière du jour se décompose en plusieurs couleurs lorsqu’elle traverse des gouttelettes de pluie. La réfraction de la lumière dans ces gouttes se voit dans un arc-en-ciel. Tout comme une lumière blanche artificielle se décomposera lorsqu’elle passera au travers d’un prisme.
    • Et vint la longueur d’onde. Ces rappels rapides sont là pour que toutes les lectrices et tous les lecteurs se remémorent ou intègrent ces données de base sur la lumière.

Les matières « filtrent » certaines longueurs d’onde. On dit qu’elles les « absorbent ». Elles peuvent aussi en renvoyer d’autres. C’est ainsi qu’en combinant les capacités à plus ou moins absorber ou à plus ou moins réfléchir des longueurs d’onde, qu’un certain nombre de couleurs, en se mélangeant, en créeront d’autres. Par exemple, si l’objet absorbe du rouge et renvoi deux autres couleur en quantité égale, par exemple bleu et jaune, apparaîtra une troisième couleur mélange de ces deux, ce sera du vert.

    • La trahison du cerveau. Un même objet sous des lumières différentes aura forcément une couleur à chaque fois différente. Mais notre cerveau compensera pour lui donner la couleur que nous connaissons. Un mur blanc nous paraîtra toujours blanc. Sauf si nous sommes habitués à certaines couleurs, par exemple au coucher de soleil, le mur nous paraîtra orangé. L’appareil photographique lui, ne fera aucune adaptation chromatique, le résultat sera différent de votre perception au moment de la prise de vue.

On en revient à la balance des blancs. Ce n’est pas un inconvénient quelques fois. Au contraire, « l’ ambiance » ainsi générée pourra apporter une touche créative au résultat final.

    • La température de couleur. Elle est mesurée, en degrés Kelvin. Le zéro absolu, soit 0°K, correspond à la température d’ébullition de l’azote liquide. Graphique ci-dessous, source ANALOG YOU.                                
    • Puissance de la lumière. Habituellement, lorsqu’il s’agit de lumière on utilise le Watt (W) comme unité de puissance électrique, exemple une ampoule de 60 W. Alors que si on veut réellement quantifier un éclairement on l’exprime en lumens (lm). Les efforts pour sauver la planète généralisent l’utilisation de lampes à économie d’énergie qui donnent des éclairements bien supérieurs à consommation égale. Si le Watt est encore utilisé, on a vu apparaître en plus une information en lumens.

Par définition universitaire, le Watt est l’unité de la puissance d'un système dans lequel une énergie de 1 joule est transférée uniformément pendant 1 seconde. Cette puissance est donc le quotient d'une énergie par un temps : 1 W = 1 J/s.

    • Avantage du flash. Contrairement à d’autres sources d’éclairage artificiel qui ne restituent pas la totalité du spectre de la lumière et, de ce fait, engendrent des dominantes de couleurs quelques fois difficiles à corriger, la lumière du flash reste très proche de la lumière du jour en plus d’être ponctuellement plus puissante. Il peut être déporté, ce qui permet au photographe d’éclairer une scène à sa guise. Dans la photographie ci-contre, la jeune mante religieuse aurait pu être photographiée avec une lumière de face, mettant en valeur à la fois la mante, mais aussi la fleur. J’ai opté volontairement pour un éclairage par l’arrière afin de donner cet effet « tunnel » sur lequel se découpait la silhouette de l’insecte.
    • Inconvénient du flash. Ou plutôt limite du flash. Comme une lampe torche, la lumière du flash s’atténue avec la distance. Sa puissance, et donc sa portée, est déterminée par un nombre guide.
    • Le nombre guide NG. Il permet de connaître la distance maximale à laquelle un sujet gris neutre sera correctement exposé. C’est le produit de la distance en mètres et de l’ouverture relative de l’objectif, nombre F (f/) ; NG = d x F. On divise donc la distance d’éclairage par deux lorsqu’on double l’ouverture. Bien entendu, la sensibilité joue aussi sur le résultat final.
    •  

Attention, tous les fabricants de flashs ne se basent pas sur les mêmes données. Particulièrement ceux en provenance de Chine. En général, les chiffres sont donnés pour 100 ISO et pour une focale qui peut varier en fonction du constructeur. Ces derniers donnent cette valeur pour 35, 50 ou 100 mm.

L’important est de connaître ce chiffre pour son propre flash. Par exemple, pour un flash de NG=40, manuel ou automatique (que l’on peut aussi utiliser en manuel), un sujet à une distance de 5m, nécessitera de régler l’ouverture à f/8. Ainsi, peut-on calculer le NG aux autres sensibilités ou focales. Par exemple, on double la distance d’éclairage lorsqu’on quadruple la sensibilité.

Ne décrochez pas, vous verrez l’intérêt de comprendre tout ça !

Le tableau ci-dessous montre le lien entre la distance flash sujet, le carré de la distance et la variation de l’intensité lumineuse.

Distance D en m

1

2

3

4

5

6

7

8

Carré de la distance d²

1

4

9

16

25

36

49

64

Intensité lumineuse 1/d²

1

1/4

1/9

1/16

1/25

1/36

1/49

1/64

    • Influence du type d’objectif. On comprend dans toutes ces informations que l’objectif utilisé a aussi une grande importance. On parle d’angle de champ. Pour éclairer la surface couverte par un grand-angle, il faudra répartir la lumière sur une plus grande surface. Avec un téléobjectif, l’angle de champ sera plus étroit et la lumière davantage concentrée aura une portée supérieure.

Les flashs modernes possèdent une tête « zoom » dont le réglage peut-être piloté automatiquement par l’appareil en envoyant au flash la focale de l’objectif monté sur le boîtier. Cette fonction peut être manuelle sur des flashs plus simples. Il incombe alors à l’utilisateur de faire un réglage manuel pour ajuster la correspondance de la position de la tête du flash avec la focale de l’objectif. Soit manuellement en faisant coulisser la tête du flash, soit en appuyant sur un bouton spécifique sur le flash, jusqu’à obtenir la bonne valeur.

Le schéma ci-contre - source Nikon - montre l’incidence de l’objectif sur le faisceau lumineux. Pour comprendre, avec une focale grand-angle de 24 mm, un flash va éclairer plus large que pour un télé de 105 mm. La surface à éclairer sera importante, si le NG est donné pour 50 mm, il aura alors diminué, car la même quantité de lumière sera répartie sur une surface plus importante. A contrario, le faisceau plus concentré en position 105 mm, portera plus loin, le NG à cette focale sera plus élevé.

 

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