Le matériel

Depuis une simple lentille additionnelle jusqu'à l'objectif macro le plus sophistiqué, la macrophotographie utilise une grande variété de matériels. Le but de ce chapitre n'est pas de vous en donner une liste exhaustive, mais de vous en présenter l'essentiel.

Les objectifs

 

 

 

 

 

 

On peut faire de la proxiphotographie avec tous les objectifs, fixes ou zoom. Tout dépend de la distance minimum de mise au point (ou s'ils possèdent une position "macro").

En général, il vaut mieux utiliser des longues focales si vous ne disposez pas d'un objectif macro. La photographie ci-contre est réalisée avec un objectif de focale 500 mm. Son « grossissement » permet de mettre un objet en évidence en jouant sur une bonne mise au point et des avants et arrière-plans plus flous. 

Il s'agit là de proxiphotographie.

 

L’objectif dédié à la macrophotographie est en général utilisable aussi pour toute sorte de prises de vues. Il est toutefois construit pour disposer d’une mise au point permettant de se rapprocher du sujet. Il peut s’agir d’une focale « normale » de 40 mm à 60 mm, d’un petit téléobjectif de 85 mm à 105 mm (focale très bonne aussi pour les portraits) ou d’un téléobjectif de 135 mm à 200 mm. Chaque marque dispose d’un ou plusieurs de ces objectifs à son catalogue et les fabricants indépendants en proposent également. Le diaphragme minimum peut atteindre f/45, cependant, ce dernier varie avec la distance sujet / capteur. Plus la focale est longue et plus le sujet pourra être « loin » de la lentille avant. C’est tout de même relatif, aux forts grossissements cette distance est de quelques centimètres seulement. Personnellement, j’utilise un 60 mm macro pour les sujets fixes ou peu farouches et un 105 mm pour tout ce qui bouge.

Objectifs très particuliers

Deux objectifs sont mis à part ici car ils ont vraiment une place à part dans la macrophotographie.

Jusqu’à ces derniers mois, le Canon MP-E 65 mm était le seul objectif à atteindre le rapport de grandissement de 5:1, avec un grandissement variable de x1 à x5. Un autre objectif de ce type existait dans une autre marque, mais il est discontinué depuis plusieurs années.

La marque LAOWA (Chinoise) apporte enfin une réponse aux possesseurs d’autres marques de reflex avec la mise sur le marché du super objectif LAOWA 25 mm. Comme le Canon, il ouvre à 2.8, mais ne permet que les grandissements x2,5 à x5 (2,5:1 à 5:1). Il est beaucoup moins cher que son presque homologue, il est plus léger et aussi moins encombrant. Revers de la médaille, si la mise au point est manuelle pour les deux, le Canon permet de travailler dans tous les modes d’exposition, alors que le LAOWA ne travaille qu’à ouverture réelle. Quand le diaphragme est fermé au minimum, il est difficile de voir quoi que ce soit dans le viseur. Les appareils hybrides montrent dans ce cas leur supériorité. Mais rien n’est perdu pour les possesseurs de reflex classiques, le mode Live View permet d’y voir plus clair.

Pour ce type d’objectif, le rail micrométrique est un réel atout. En effet, ces objectifs n’ont pas réellement de bague de mise au point. À chaque grandissement, correspond une mise au point et une seule. Il convient donc de choisir le grandissement que l’on veut obtenir, choisir son cadrage et peaufiner la mise au point.

Sur le terrain, ce type d’objectif est d’un emploi difficile et nécessite quelques fois plusieurs accessoires supplémentaires et une grande maîtrise de la macrophotographie. Mais quel plaisir d’avoir pu dompter la moindre tache de lumière en créant des flous lumineux mettant en avant le sujet principal.

Il en est de même pour la microphotographie dont l’usage reste réservé à certains spécialistes.

Les bonnettes

D'autres outils existent pour faire de la macrophotographie. Ils sont nombreux, dans de nombreuses marques. Ce chapitre vous en présente quelques-uns.

Les plus simples, les bonnettes. C'est une pièce optique qui vient se placer comme un filtre à l'avant de l'objectif par simple vissage. Quelques fabricants réalisent ces lentilles convergentes avec un filetage de 52 à 67 mm en général. Des adaptateurs permettent d'adapter les bonnettes sur d'autres diamètres.

Le principe de cette pièce optique est de dévier les rayons lumineux pour permettre de rapprocher le plan de mise au point. Leurs avantages sont leur faible encombrement et poids et leur facilité d'utilisation. L'inconvénient réside principalement dans la modification de la formule optique de l'objectif entraînant des aberrations optiques, surtout après un grandissement de  1:4.

Une lentille est caractérisée par sa puissance, exprimée en dioptries :

  • Une lentille d'une dioptrie (1D) ramène la distance maximum d'un objectif calé sur la position « infinie » à un mètre.
  • Une lentille de 2 dioptries (2D) ramène la distance maximum d'un objectif calé sur la position « infinie » à 50 cm.
  • Une lentille de 3 dioptries (3D) ramène la distance maximum d'un objectif calé sur la position « infinie » à 33 cm.
  • Une lentille de 4 dioptries (4D) ramène la distance maximum d'un objectif calé sur la position « infinie » à 25 cm.
  • Une lentille de 10 dioptries (10D) ramène la distance maximum d'un objectif calé sur la position « infinie » à 10 cm.

Les bagues allonges

Les bagues allonges ne possèdent pas de lentille. Ce sont uniquement des bagues qui allongent le tirage initial de l’objectif utilisé en s'intercalant entre lui et le boîtier. Elles sont vendues par groupe de 3, de tailles différentes et peuvent être utilisées par 3 ou par n’importe quelle autre combinaison. Vendues pour une monture d’objectif, on trouve ce type de bague sous la marque de divers fabricants. Elles transmettent les données du boîtier vers l’objectif (diaphragme et AF) et sont donc pourvues de contacts.

Un fabricant propose une bague unique équipée d’une rampe hélicoïdale permettant un allongement du tirage sans aucun démontage.

Petit rappel : l’augmentation du tirage augmente le grandissement et donc diminue l’apport de lumière qui touchera le capteur.

Les soufflets

Le principe des soufflets est le même que précédemment. Il est fixé au boîtier et supporte un objectif à l’autre extrémité. Ainsi, l’allongement du tirage, donc le grandissement, est continu. Ici aussi plusieurs fabricants vendent des soufflets dont le tarif varie de 50€ environ pour les plus simples à quelques centaines d’euros.

Les plus chers sont bien entendu les mieux construits, qualité et robustesse du soufflet, transmission des données entre l’appareil et l’objectif et qualité du guidage.

Toutefois, l’électronique et l’informatique embarquées dans les boîtiers modernes diminuent la compatibilité avec les soufflets anciens en supprimant la gestion du diaphragme par exemple. Nikon, par exemple, n’a pas mis à jour son dernier produit, le PB-6 sorti il y a déjà plusieurs années.

On peut toutefois compter sur les indépendants. L’un d’eux vient de mettre sur le marché une bague d’adaptation composée de deux pièces reliées par un cordon. L’une est intercalée entre le soufflet et le boîtier, l’autre entre le soufflet et l’objectif. Les contacts de l’appareil sont ainsi reliés à l’objectif par le cordon de la bague. Disponible à ce jour pour les marques Soy et Canon. (voir au chapitre suivant).

Les bagues d'inversion

Il s’agit de bagues munies d’une baïonnette permettant d’être montées sur les boîtiers reflex et d’un filetage (type filtre) de 52 mm, 58 mm ou 62 mm sur lequel on peut monter un objectif en position inversée.

Dans ce type de montage, le grandissement sera d’autant plus élevé que la focale de l’objectif sera courte. Typiquement, un objectif de 24 mm de focale permettra un rapport de grandissement supérieur à un objectif de 50 mm par exemple.

A noter que les bagues d’inversion peuvent se monter aussi sur un soufflet, augmentant ainsi le grandissement maximum de ce système associées à un objectif.

Ces bagues n’ayant pas de lentilles sont une solution peu onéreuse pour faire une incursion dans le domaine de la macro. Le coût est de quelques dizaines d’euros.